Fiction

Je ne sais pas
par où nous pourrons
passer.

L’aventure
semble délicate,
immense cette forêt.

Les premières gouttes
tombent en silence
et nos deux corps
sont plantés.

On dirait qu’ici
il n’y a rien de plus facile
que de se paumer.

Et je prends ta main,
je prends des branches ;
les vertiges ondulent
et toi toute blanche.

Je voyais
je voyais

devant nous ces grenouilles
passer leur chemin
sans nous parler.

Aïe!

 

Je ne sais pas
par où nous devons
passer.

Les anges, tes cheveux
ou ces grenouilles n’ont rien semer.

Les hommes panneaux n’indiquent
que des directions opposées,

et toi, tu restes le coeur emballé,
inquiète d’en crever.

A la place je compte les carrefours
que Jarmush a dessiné,

puis, je vois cette forme,
cette géante dans l’ombre
qui se met à bouger.

Et tu trébuches,
tu halètes en manque de force,
le temps transpire et les athlètes forcent,
et les gorilles sont faux
et les grues d’apparence.
Maintenant même les machines dansent.

On dirait
on dirait
qu’il va encore falloir …

On dirait
on dirait
qu’il y a tout à recommencer.

Aïïe !